La SEMUS
«On va au deuxième bureau». Cette expression codée désigne le bistro voisin des locaux de la Semus...
Dès qu’il en a le loisir, le président, comme l’appellent tous les salariés de l’association, s’attable en plein air, sur un bord de la large chaussée poussiéreuse sur laquelle ouvre le portail de la Semus. L’endroit, stratégique, permet de voir passer tous les visiteurs de l’association, sans pour autant perdre une miette du spectacle de la rue.
Durant les deux jours que nous passerons avec lui, Mahamady ne s’y rendra qu’après le coucher du soleil, Ramadan oblige. A chaque fois, le serveur lui apportera d’autorité une "Brakina", l’une des marques de bière locale conditionnée en bouteilles de 50 cl qu’affectionnent les Burkinabé. Le respectable embonpoint du président, que dissimulent mal ses larges chemises à longs pans flottants, n’est vraisemblablement pas étranger à ce rendez-vous quotidien...
3 containers = 70 % du financement
En 1991, à la création de l’association, ce bar constituait l’unique local de la Semus, et la table de fer bancale qui paraît encore réservée à l’usage exclusif du président, son seul bureau. C’est là, "chez Abel", qu’il recevait bailleurs de fonds, demandeurs d’aide et bonnes volontés en tous genres.
La présentation du fonctionnement actuel de la structure qui vient de nous être faite dans la salle de réunion de l’association permet de mesurer le chemin parcouru. « Rien n’aurait été possible, précise Mahamady en préambule, sans l’aide internationale. A commencer par celle des compagnons d’Emmaüs de Puy-Guillaume, dont les envois de containers, explique-t-il, financent le fonctionnement de la Semus à 70 % ». La proportion est d’autant plus étonnante, que seuls trois containers ont été, jusque là, envoyés à Yako.

L’équipe de la SEMUS Vêtements, outillage et électroménager
Leur contenu (vêtements, outillage et électroménager, pour l’essentiel) a donc été particulièrement précieux. Et leur coût d’envoi, de l’ordre de 5.000 euros par container, n’est pas un réel obstacle, même s’il constitue un effort financier réel de la part de la communauté auvergnate...
Ces envois sont appelés à se poursuivre. Et leur utilité sera désormais accrue, car leur chargement collera encore de plus près aux besoins de la population locale.
En août dernier, une délégation de la Semus était déjà venue à Puy-Guillaume, afin d’indiquer ce qui, dans les stocks disponibles, leur serait le plus opportun. Maintenant, c’est au tour de Gilles, Claude et Joël d’évaluer, sur place, les besoins de leurs hôtes. Leurs feuilles de notes se noircissent à vue d’œil, gage que le prochain envoi sera fourni ! Et son contenu particulièrement bienvenu…
Le "Bric à brac", poumon financier de l’association
« Lorsqu’un container arrive, détaille Mahamady, un comité d’évaluation est mis en place pour déterminer sa valeur ». Son contenu est ensuite mis en vente, soit par lots, soit dans l’enceinte du "Bric à brac", un dépôt-vente qui est le véritable poumon financier de l’association.
Les vêtements sont vendus tels qu’arrivés, par balles de 250 kilos. Ils sont le plus souvent acquis par des groupements d’acheteurs. Ces derniers, souvent des femmes, les revendent ensuite au détail. Ce système présente deux avantages, créer ou entretenir des petits commerces, ce qui favorise le développement de l’économie locale, et limiter risques d’invendus et frais de gestions pour la Semus.
Le bric à brac de la SEMUS
Quatre grands secteurs d’activité
Aujourd’hui, cette dernière emploie dix-neuf permanents, qui travaillent dans quatre grands secteurs d’activité : administration et finances ; solidarité ; développement des actions économiques ; suivi des programmes...
Le premier a pour double but de "tracer" l’utilisation des ressources, afin de rendre compte aux donateurs de l’argent versé, et d’assurer la pérennité du fonctionnement de l’association.
Le deuxième concerne les actions de dépistage du sida, véritable fléau dans ce secteur de l’Afrique de l’Ouest, l’accompagnement des malades, la gestion d’une pharmacie, le soutien à un centre d’éducation nutritionnel, et la prise en charge d’orphelins et enfants vulnérables.
Une banque de céréales
Quant aux actions de développement économique, elles concernent une laiterie, une ferme-pilote, une miellerie, une minoterie, une banque de céréales et un centre d’accueil pour personnes en détresse.
La liste est impressionnante, la présentation faite par les cadres de la Semus impeccable. Reste, maintenant, à en découvrir la réalité sur le terrain.
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La banque de céréales Sac de céréales destinés à la vente à prix "social"
en cas de disette
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