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Cap sur lomé

La Montagne

Vitesse, 938 km/h. Altitude, 11.887 mètres. Les données s’affichent sur le petit écran fixé sur le dossier du siège de devant. Elles renseignent en continu sur l’évolution du vol. Par intermittence, une carte apparaît, qui matérialise le trajet de l’avion et sa position du moment. Parti de Paris, l’appareil vient de survoler la Méditerranée et aborde la côte nord-africaine...

Du hublot, la vision de la chaîne de l’Atlas est exceptionnelle. Malgré la hauteur, pistes et reliefs se distinguent à l’œil nu. Les couches nuageuses qui masquaient le sol français se sont dissipées au fur et à mesure de l’avancée plein sud. Le paysage apparaît désormais à la manière d’une image de « Google earth », option zoom exceptée. Mais la magie de la réalité vaut tous les artifices virtuels.

Le soleil se reflète sur l’aile qui se découpe dans le champ de vision du hublot, et rend rapidement le port du pull-over superflu. Pourtant, sur l’écran d’informations, la température de l’air extérieur affiche un étonnant moins 58 degrés !

Dunes plissées par le vent

Les déserts, algérien puis malien, défilent maintenant sous la carlingue. Le Sahara leur succède sans transition. Seuls quelques sillons, sans doute de profondes vallées, se distinguent dans l’immensité ocre qui s’étire à l’infini. Ici ou là, un filet de nuage blanc s’étire paresseusement au-dessus des dunes plissées par les vents. Il reste encore près de 3 h 30 de vol, sur les presque 6 heures annoncées jusqu’à l’escale d’Abidjan.

Dans la carlingue, les places vacantes au décollage se sont garnies de dormeurs, transformant en banquettes improvisées les rangées de sièges qui emplissent la carlingue en trois longues files.

Abidjan, unique étape avant Lomé, est proche. L’appareil décélère, l’altitude chute progressivement. Au sol, le vert a succédé à l’ocre, l’eau est omniprésente. Mais bientôt, l’avion s’enfonce dans d’épaisses couches nuageuses, striées d’une lumière éclatante. Quelques légères turbulences secouent la carlingue, les vitres des hublots se couvrent de fines gouttelettes.

A terre, le soleil est revenu, mais la température est encore fraîche sur l’aéroport : 28 degrés. L’avion se vide de la majeure partie de ses occupants. Mais pour ceux qui restent en transit pour le Togo, pas de sortie. Le climat politique en Côte d’Ivoire n’est pas au beau fixe. Une hôtesse explique que, d’habitude, son équipage faisait escale à Abidjan avant de repartir sur un autre vol. Désormais, c’est à Lomé qu’ils dorment. « Même si en ce moment, grimace-t-elle, ce n’est pas terrible non plus là-bas question ambiance… ».

Yves LE FAOU

 
Sur la plage de Lomé
Bien arrivés !
 
Giles, Joël et Claude  sur la plage à Lomé (14/10/2006)



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